French language version: Night and Day: Les mystères de Dottie Manderson: Tome 1

Bientôt en version française! Sortie le 25 juin…

Déjà disponible en précommande, exclusivement sur Amazon

Traduit de l’anglais par Eden Rébora

Revu et Corrigé par Malika Camara

Ce qu’en disent les lecteurs:

“Cinq étoiles! Délicieusement divertissant, des personnages riches, beaucoup de suspense, charmant, tout en un ; j’attends avec impatience le prochain! “

“Un récit fascinant qui se déroule en Angleterre dans les années 1930. Ce roman policier, avec sa dose de romantisme naissant, est une bonne lecture ; quelque chose pour se divertir et se satisfaire devant un feu de bois brûlant pendant les longues journées d’hiver. Les décors et les détails d’époque sont excellents ... Le dénouement est rapide, tendu et satisfaisant…”

“Je l’ai reçu un vendredi et je n’ai pas pu le poser – adieu le ménage – mais comme j’étais si enthousiaste, je l’ai terminé samedi soir.”

“J’hésitais à commencer cette série car je ne pensais pas qu’elle serait aussi bonne que la série Criss Cross… mais je n’ai pas eu besoin de m’en faire car c’était à nouveau tout simplement brillant.”

“Dottie Manderson est un personnage magnifique… Une grande lecture et j’ai hâte de rattraper mon retard sur Dottie.”

Londres, novembre 1933. Dottie Manderson tombe sur le corps d’un homme mourant dans une rue déserte, en pleine nuit. Alors qu’elle attend l’arrivée des secours, elle tient la main de l’homme et tente de lui faire dire ce qui s’est passé. Mais dans ses derniers instants, il lui chante quelques paroles d’une comédie musicale populaire.

«Mais pourquoi?» se demande Dottie. Pourquoi chanterait-il pour elle au lieu d’envoyer un message final à ses proches? Pourquoi n’a-t-il pas donné le nom de son agresseur?Dottie a besoin de connaître les réponses à ces questions et même si un jeune policier particulier, très incommodant, enquête officiellement sur l’affaire, elle se sent obligée de mener sa propre enquête sur cette mort mystérieuse.

Voici une nouvelle détective féminine des années 1930 dans une série de mystères traditionnels et délicats qui se déroule en Grande-Bretagne entre les deux guerres mondiales, de Caron Allan, l’auteur de Criss Cross, Cross Check et Check Mate, une trilogie de romans policiers contemporains. Achetez Night and Day: Les mystères de Dottie Manderson pour une lecture romantique et pleine de suspense dans le genre traditionnel des détectives amateurs.

Extrait de Night and Day: Les Mystères de Dottie Manderson:

Chapitre Un:

Dottie Manderson avait prévu de faire le court trajet à pied jusqu’à la maison de sa sœur, mais dès qu’elle fut sortie du théâtre bien chauffé et qu’elle eut rejoint le trottoir, elle se rendit compte qu’il pleuvait à nouveau. En remontant la mousseline blanche et le satin de sa robe fluide, elle leva la main pour héler l’un des taxis. Ils étaient une douzaine à faire la queue pour récupérer es gens à la sortie en cette misérable soirée de fin novembre dans le West End de Londres. L’un d’entre eux s’arrêta obligeamment. Avec un profond sentiment de soulagement, elle monta dedans.

« 327 Mortlake Gardens, s’il vous plaît », dit-elle, puis elle s’enfonça contre le cuir. Il était si bon d’être à l’abri, même si, quelques instants auparavant, elle avait eu beaucoup trop chaud dans le théâtre, mais la pluie tombait à torrents, et son chapeau, bien qu’à la mode mais minuscule, lui était pratiquement inutile, ses cheveux étaient déjà trempés. Ça faisait aussi du bien d’être assise.. Elle étendit un pied élégant devant elle et regarda sa jolie cheville avec un mélange de satisfaction et d’inquiétude. Être debout toute la journée était peut-être bon pour la silhouette, mais cela faisait des ravages aux chevilles. Si elle ne faisait pas attention, d’ici l’âge de trente ans, elle allait se retrouver avec des chevilles larges et enflées comme celles de Mme Carmichael, et les seuls modèles que le vieux dragon lui permettrait de montrer pourraient être les vêtements les plus longs et les plus couvrants, les robes longues et les pyjamas de détente.

Elle observa la rue sous la pluie. Elle allait bien évidemment arriver un peu tard, mais elle avait prévenu Flora. Et Flora ne s’était jamais souciée de ce genre de choses, elle ne mettrait personne à la porte avant minuit au plus tôt, voire même plus tard s’ils s’amusaient tous.

Malgré le temps, ou peut-être à cause de celui-ci, les rues résidentielles habituellement calmes étaient aussi fréquentées à cette heure-là qu’elles l’étaient à six heures du soir. Elle regarda par la fenêtre le monde scintillant de la nuit londonienne, mais son esprit était ailleurs, elle repensait au spectacle, elle repensait à son compagnon. Elle espérait revoir Peter. C’était un brave gars, si gentil et il dansait tellement bien. Et c’était le seul qu’elle connaissait qui ne fumait pas le cigare. Dottie détestait l’odeur du cigare.

Mais il lui avait été difficile de se débarrasser de Peter, qui tenait à tout prix à la raccompagner chez elle. Elle avait pensé lui demander de venir avec elle chez Flora, mais elle s’en était finalement ravisée, pensant qu’il valait mieux ne pas le faire: elle ne voulait pas en faire plus que ce qu’elle faisait, et Flora était toujours la dernière personne à qui l’on présentait un jeune homme, à moins de vouloir la voir commander des fleurs d’oranger et du satin blanc. Sous prétexte qu’elle était elle-même une femme mariée, elle semblait penser que toutes les autres devraient l’être aussi. Mère aurait été furieuse de savoir que Dottie se pavanait dans Londres au milieu de la nuit sans escorte. Mais pour Dottie, aller d’un endroit à l’autre en taxi ne comptait pas comme être sans escorte. Le gentil chauffeur de taxi n’aurait jamais laissé quoi que ce soit de mal lui arriver, elle en était certaine.

« 327 Mortlake Gardens, mademoiselle », annonça le chauffeur de taxi alors qu’ils s’arrêtaient devant une grande et belle villa. « Attention à la marche, le trottoir juste ici ressemble plus à une rivière. »

Et il sortit pour l’aider à descendre. Dottie lui remit le prix de la course avec un modeste pourboire. Ce faisant, elle regarda autour d’elle. Ce n’était pas du tout l’endroit. Le chauffeur de taxi claqua la portière. Et Dottie comprit immédiatement ce qui s’était passé. « Oh juste ciel, j’ai dit 327 ? Je suis tellement bête, je voulais dire 237. C’est la deuxième fois que je fais ça cette semaine. Je ne devrais vraiment pas être autorisée à sortir seule. »

« Je peux facilement revenir un peu en arrière, mademoiselle, montez vite. Ce n’est pas un problème…

– Non, ne vous inquiétez pas. La pluie s’est arrêtée et ce n’est pas loin, je continue à confondre le numéro de la maison de ma sœur avec celui de ma tante. Vraiment, je dois essayer de m’en rappeler.

– Vous êtes sûre, mademoiselle ?

– Je le suis, merci. Bonne soirée.

– Bonne soirée, mademoiselle. »

Dottie resta là un moment, puis repartit dans la rue. Bien qu’il ne fût pas si tard, la rue semblait déserte et peu accueillante. L’un des lampadaires était éteint à quelques mètres de là, et la distance entre celui qui était derrière elle et le suivant se noyait dans la pénombre devant elle. Elle se mordit la lèvre et se dit de ne pas faire son idiote. La canopée d’un grand arbre ajoutait à l’obscurité générale. Mais se sentant déterminée, elle fixa son regard sur la maison de Flora située plus loin. La maison était tout illuminée et même de là où elle se tenait, elle pouvait entendre le son des voix, des rires et de la musique qui se répandaient dans l’air de la nuit.

Si elle se dépêchait, elle devait pouvoir s’en sortir sans être trempée. Elle avait été trop optimiste lorsqu’elle avait déclaré au chauffeur de taxi que la pluie avait cessé. Elle n’avait pas cessé. Dottie resserra son manteau de fourrure autour d’elle et tint fermement son chapeau, qui n’était plus qu’un bout de dentelle molle et de ruban. Mais son tout premier pas la conduisit dans une flaque d’eau d’un centimètre de profondeur et elle ne put s’empêcher de crier un peu à cause du froid de l’eau et du choc que cela avait provoqué.

« Fichtre ! » grogna-t-elle et, appuyée contre un poteau d’entrée non loin de là, elle secoua une grande partie de l’eau de ses sandales argentées. Presque neuves aussi, pensa-t-elle avec tristesse, et très probablement ruinées. Au moins, sa robe ne semblait pas avoir trop souffert. Elle en releva la jupe un peu plus haut et poursuivit son périple court mais agité.

Un bruit lui vint aux oreilles par-dessus le battement des gouttes de pluie et de la circulation lointaine. Une sorte de chuchotement doux mais presque mélodieux. Elle s’arrêta un moment. Elle écouta. Ses yeux, s’habituant à l’obscurité, aperçurent une silhouette sur le trottoir à moins de dix mètres de là. Son cœur fit un bond dans sa poitrine, comme saisi par une main froide.

« Idiote », murmura-t-elle, et elle s’efforça de continuer. Sans doute devrait-elle arrêter de lire des romans gothiques tard le soir, ça la rendait anxieuse. Elle ne trouverait sans doute que les pages d’un journal dispersées par le vent et rendues étranges par le réverbère qui créait des ombres derrière elle.

Le son revint. Un peu plus fort, un peu plus insistant. On aurait dit que…

Il y avait quelqu’un, un homme, sur le trottoir. Elle ressentit un petit frisson de peur. Était-ce un ivrogne ? Peut-être devrait-elle s’engager sur la route, le contourner avec précaution, en gardant ses distances…

La tête bougea très légèrement. Son visage formait un ovale pâle dans la lueur blafarde de la lampe. Et elle vit que les lèvres bougeaient aussi. C’était lui qui faisait ce bruit bizarre. C’était donc bien un ivrogne. Il chantait pour lui-même dans un doux murmure. Son oreille en saisit vaguement la mélodie, et c’est alors que, juste au moment où elle vit le sang sur le devant de sa chemise, une partie de son esprit disait : « Je connais cette chanson. »

Elle oublia ses craintes et courut à ses côtés.

« Que s’est-il passé ? Est-ce que ça va ? » demanda-t-elle, puis elle se reprocha d’avoir posé une question aussi stupide. Parce qu’il était tellement évident qu’il n’allait pas bien. Elle s’agenouilla à côté de lui et lui tendit la main pour attraper la sienne qu’il tendait.

Il était assez jeune, bien que plus âgé que ses dix-neuf ans à elle. Mais probablement pas plus que le début de la trentaine. Il avait les cheveux clairs, légèrement en arrière, et assombris par la pluie. Une de ces petites moustaches qui faisaient fureur en ce moment. Des yeux bleus, très bleus comme ceux d’un enfant, larges, avec un air stupéfait. D’après sa tenue de soirée élégante, il était clairement aisé, bien qu’elle ne le reconnût pas. Mais le sang – oh le sang. Il y en avait tellement…

« Que s’est-il passé ? » lui répéta-t-elle, mais il semblait à peine capable de comprendre ce qu’elle disait. Avec une infinie douceur, elle reposa sa tête sur le sol, posa sa main sur sa poitrine et, relevant sa jupe, elle courut le reste de la distance pour tambouriner à la porte de Flora en criant à l’aide. Et sans attendre de réponse, elle se dépêcha de retourner aux côtés de l’homme, s’agenouillant dans une flaque, lui reprenant la main. Une pensée lui vint alors et elle lâcha sa main pour ouvrir son sac à main. Elle sortit un petit mouchoir de batiste, essaya de le tenir sur sa poitrine, mais il continua à s’accrocher à elle. Le sang coulait, coulait, tout le long de sa chemise, sur son manteau, sur le sol.

« Quelqu’un va venir », lui promit-elle, et elle se le promettait encore plus à elle-même. « Ils seront là dans un instant, tenez encore un peu. Comment vous appelez-vous ? »

La porte s’ouvrit et la tête de George en sortit. Dieu merci, c’était George. « Oh George ! » lui cria-t-elle. « À l’aide ! Quelque chose de terrible est arrivé… il a besoin d’un médecin. Je ne peux pas arrêter l’hémorragie. »

George, bénit soit-il, était la personne idéale dans n’importe quelle situation de crise. « D’accord, ma grande », lui répondit-il, sa voix s’élevant dans l’air de la nuit, et il disparut à l’intérieur. Elle l’entendit presque faire le tour de la maison à la recherche de quelqu’un capable d’aider. Il y avait sans doute un médecin parmi ses nombreux compagnons. George n’était pas seulement un être cher, c’était un homme sensé, et elle comprenait parfaitement pourquoi Flora l’avait épousé.

La rue semblait si calme. Les autres maisons étaient toutes enveloppées par l’obscurité, pas une lumière, pas un bruit. Les maisons de cette partie de la rue auraient tout aussi bien pu être toutes vides. La musique et les rires de la fête de Flora et George semblaient être à des lieues au-delà de l’autre lampadaire, et ici, dans sa petite oasis d’ombre, rien ne la touchait, ni elle ni l’homme au sol. Dottie pouvait entendre le bruit de sa respiration laborieuse, haletante, luttant pour inspirer l’air qui lui échappait. Pourtant, il continuait à chanter cette chanson dans ce murmure insonore si particulier.

Soudain, elle reconnût la chanson. Elle n’avait vu la représentation que la semaine dernière au théâtre avec George et Flora et quelques autres amis. La Joyeuse Divorcée. Le divin Fred Astaire, et Claire Luce dans ses magnifiques robes fluides en mousseline de soie et dentelle, taffetas et lamé que Mme Carmichael copiait déjà pour ses meilleurs clientes.

Dottie plongea son regard dans les grands yeux bleus de l’homme.

« Comment vous appelez-vous ? Pouvez-vous me parler ? Qui vous a fait ça ? Qu’est-ce que… » Elle entendit le bruit d’une porte qui claquait et des pieds qui courraient sur le trottoir mouillé. « Les secours arrivent, tenez bon », supplia-t-elle. Il lui prit la main dans une poignée serrée et douloureuse, et essaya de lever un peu la tête. Elle pensa qu’il allait parler, mais continua à chanter. Son corps se souleva d’effort pour trouver le souffle de former les mots qui arrivèrent entrecoupés, seuls et par deux ou trois. Elle s’aperçut qu’elle retenait son souffle, l’incitant à former chaque mot suivant, même si dans son esprit elle entendait la voix de Fred Astaire et voyait ses queues-de-pie tourbillonnantes pendant qu’il dansait.

« S’il vous plaît, gardez vos forces », implora-t-elle à l’homme à terre. George et deux autres personnes se trouvèrent soudain à ses côtés. Flora ouvrit de nouveau la porte et sortit pour se tenir sur les marches, l’air anxieux, une petite foule d’invités se pressant derrière elle pour voir ce qui se passait.

L’homme continua à chanter le couplet suivant de la chanson. Dottie ne comprenait pas. Si seulement il pouvait lui dire qui il était, où il vivait. Pourquoi continuait-il à lui chanter cette chanson ?

Il ne voulait pas s’arrêter, il ne voulait pas lâcher sa main, même si le médecin essayait de le ramener sur le sol afin de voir ses blessures de plus près. Ils lui posaient des questions, mais elle ne semblait pas comprendre ce qu’ils disaient. La pluie tombait sur son visage et s’écoulait sur ses oreilles, son nez et son menton. La main de George était sous son coude, essayant de la soulever et de la guider, mais l’homme s’agrippa à elle, ses doigts s’enfonçant dans son bras, refusant de la laisser partir. Elle pouvait le voir dans ses yeux, la détermination de la tenir, il y avait quelque chose qu’il devait simplement lui dire.

Sa voix était moins qu’un murmure, elle pencha la tête pour en saisir le son, même si sa mémoire lui rappelait les paroles de la chanson. Au milieu de la dernière ligne du refrain, ses yeux perdirent leur concentration et se glacèrent.

Il était parti sans avoir fini le couplet. Une légère convulsion le fit tressaillir puis retomber sur le sol mouillé, et elle s’effondra sur ses talons, sa main libre couvrant sa bouche, puis George lui arracha la main libre, brisant la prise, la tirant vers le haut et l’emmenant, son bras chaud autour de ses épaules, retirant sa veste pour la placer autour d’elle.

« Oh », fit-elle, et elle se sentit stupide d’avoir dit quelque chose de si inutile. George fit signe à Flora qui se dépêcha de venir, haletant à la vue de l’homme. La mare de sang où il était étendu était énorme. Dottie en voyait maintenant l’énormité comme si c’était la première fois. Elle coulait sur la tout le trottoir, descendait dans le caniveau et était emportée par l’eau de pluie, une longue ligne rouge, s’étendant sur des mètres et des mètres. Le docteur et l’autre homme étaient encore avec lui, deux copains de George, elle les connaissait si bien et pourtant, pour l’instant, leurs noms étaient un mystère pour elle. Oh oui, Alistair et…

« Venez ma chère  », lui dit George, puis, Flora et lui la firent entrer dans la maison, en passant devant les invités qui la dévisageaient.

« Je viens de le trouver », dit-elle, sentant qu’elle devait s’expliquer. « J’allais le contourner, je pensais que c’était un ivrogne, mais ensuite…

– Monte, ma chère Dottie, coupa Flora, il faut t’enlever ces vêtements humides. »

Dottie observa sa robe avec étonnement. Elle était complètement trempée et elle ne s’en été même pas rendue compte.

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Merci xx

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